Textes

La fosse aux branleurs

La place de verre s’active, les chevaux et les filles sont griffus
Tout de travers, on arrive, sur le dos de nos idées reçues   
Ça sent la clope, la mauvaise bière, et le sable des paradis blancs
Le tube pop résonne en prière contre les murs du faux-semblant

Dans le fumoir tu m’enfumes
De ton odeur d’agrume
Si près, si près encore
Que je confonds ton corps au décor

Mais qu’est-ce qu’on fait là ?
Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
C’est la fosse aux branleurs 
Mais qui sont ces gens ?
Soulographes à plein temps
Dans la fosse aux branleurs

Kaléidoscopique, le monde est un mensonge frileux
Séquence palindromique, entre mes angoisses et ce rade bilieux
Où l’on se cogne au fond des verres vides de nos balbutiements
Comme des poissons fuyant leur bocal de mauvais sentiments

Sur la piste sans vie
Tu joues de ta magie
Si près de défaillir
Que je confonds ton corps au désir

Mais qu’est-ce qu’on fout là ?
Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
C’est la fosse aux branleurs 
Mais qui sont ces gens ?
Soulographes à plein temps
Dans la fosse aux branleurs

Entends-tu ? C’est le chant des Sirènes,
Qui s’abat sur nos plaines là-bas
Les vois-tu ? Ils ont déjà tout pris,
Les jeunes, les vieux, les fous et les sains d’esprit
Et toi
Tu m’y entraines

On y va

Et on restera
Pour toujours toi et moi
Dans la fosse aux branleurs
Et on restera
Pour toujours toi et moi
Dans la fosse aux branleurs

 

Où es-tu ?

Le vin est blanc et me dessine
Un vain espoir que tu te ravises
Que tu te déguises, que tu t’attendrisses
Versatile promesse que les brumes enfouissent
Le vin est blanc et me purifie
Le monde est noir quand je m’alanguis
Sur ton souvenir maudit qui répète
Que tout est à jamais, à jamais fini
Comme ça, comme un claquement de doigts
Pendant que moi je rame, je rampe vers toi

Je tombe au pied du sofa pourquoi ? Pour rien, pour qui pour un souvenir de toi 

Mais où es-tu ?
Et avec qui tu me craches dessus ?
Mais que fais-tu ?
De toutes ces choses qui nous ont plu ?

Vain est le blanc qui en verre s’en prie
Vaine prière pour une vaine folie
Tu m’avais dit, oui tellement dit
Que rien n’en reste plus que débris
Le blanc est vin, me donne le tournis
Le monde est noir quand je vomis
Sur ton souvenir maudit qui décide
Mais les choses ont-elles le droit d’être finies ?
C’est facile de partir comme ça
Pendant que moi je rame, je rampe vers toi

Je tombe au pied du sofa pourquoi ? Pour rien, pour qui pour un souvenir de toi 

Mais où es-tu ?
Et avec qui tu me craches dessus ?
Mais que fais-tu ?
De toutes ces choses qui nous ont plu ?

Au cul de bouteille je pense au tien
Je te retiens d’un bout de rien
Au cul de bouteille je pense au tien
Qui me chante que tu reviens
Au cul de bouteille je pense au tien
Je te retiens d’un bout de rien
Au cul de bouteille je pense au tien  
Petite princesse au goût de vin

Mais où es-tu ?
Et avec qui tu me craches dessus ?
Mais que fais-tu ?
De toutes ces choses qui nous ont plu ?

Lyon va se coucher

L’été brillait sur ta peau orangée
Aux couleurs estivales de tiédeurs arrangée
Nous parcourions le temps sans peine et sans tourment 
Nos cheveux emmêlés s’en allant au printemps 
Tu portais, je le crois, ta robe d’un bleu profond
Où les nuages venaient se noyer au fond

Ce fut un jour formidable, couchés sur la colline
Quand ton silence sans reproche m’a réappris à vivre

Qu’est-ce que la Lune est belle
Quand elle vient nous regarder
Que tu parais plus loin qu’elle
Quand Lyon va se coucher

L’été s’en allait sur nos corps enlacés
Aux couleurs estivales sous un air de premier
Nous marchions sur le temps tranquille et sans tourment
Nos cheveux emmêlés s’an allant au printemps 
Tu portais, je le crois, ta peau au gout d’espérance
Où les astres eux-mêmes s’y laissaient en errance 

Ce fut un jour formidable, allongés dans les ruines
Quand ton silence sans reproche m’a réappris à vivre

Qu’est-ce que la Lune est belle
Quand elle vient nous regarder
Que tu parais plus loin qu’elle
Pendant que Lyon va se coucher

Octante-sept

Que dis-tu de cela ?
Il y a dans ces journées là quelque chose d’incertain
Qui au train où ça va
Nous emportera tous
Les séries nous ennuient
Mais nos envies aussi, il manque à Netflix
Une vague complotiste
Qui nous ravi tous

Toutes les filles et tous les garçons
S’amusent pour l’éternité
Toutes les filles et tous les garçons
Continuent de chanter

Comme en octante-sept

Les bouteilles en sueur
Nous emporte le cœur, comme un rayon de soleil
Qui part et s’émerveille
De ses langueurs lasse
Survivra-t-on ?
Il se meut au plafond, des figures trop étranges
Qui au fond me dérange
Et qui me tracasse

Toutes les filles et tous les garçons
S’amusent pour l’éternité
Et toutes les filles et tous les garçons
Continuent de chanter

Comme en octante-sept

Est ce que le monde s’oublie comme un tweet ?
J’ai même pas le temps de mon inconduite
J’nage comme un surfer sur la toile du vide
Jusqu’à, jusqu’à ce que mon cerveau s’avide
Jusqu’à ce que je tourne en rond
Oui je tourne en rond

Et on s’amuse pour l’éternité
Et toutes les filles et les garçons
Continuent de chanter
Comme en octante-sept

Immobile est la Terre

Comme une ombre au-dessus des aurores boréales
Allongeant sur le temps nos angoisses abyssales
Attirés par le vide qui git au fond de nous
Nous valsons comme des morts sur un air de dégoût
Regardez nous danser, regardez nous saigner
Regardez-moi me tordre avec vos yeux viciés
Sur mes pieds de géants emballés de terre cuite
Je cherche dans vos yeux de quoi prendre la fuite

Mais y’a rien à faire
Immobile est la Terre
Comme un caillou perdu
Pour nos esprits vaincus

Gravitation éclose de nos cœurs d’implosion
Nous grattons sur le monde de nos ongles en fusion
Pour s’abriter un peu des horizons perdants
Qui glissent lentement vers un ciel trop grand
Où je cherche encore, quelques fois une épaule
Pour m’appuyer parfois, quand je perds le contrôle
Je suis seul et j’ai peur comme une feuille morne
Qui dans le vent du nord voit s’approcher l’automne

Mais y’a rien à faire
Immobile est la Terre
Comme un caillou perdu
Pour nos esprits vaincus

Il y a l’information
Et le risque d’explosion
Les messages dans le vide
Et mon cœur en charbon
Il y a le silence
Les désirs d’arrogance
Et nos visages livides
Coupables de nos errances
Élancé vers tes yeux
J’ai trouvé sous les cieux
Juste de quoi patienter
Que se réveillent les Dieux
Pour pouvoir vaincre à deux
Les empires silencieux
Se reposer un peu
Dans le mystère des cieux
Mais y’a rien faire
Immobile est la Terre
Et nos amours perdus
Se donnent à la poussière

Insomnie

Elle joue avec sa cigarette
En pensant que le temps s’arrête
Comme si demain n’existait pas
Elle tue d’un air d’insatisfaite
Toutes les figures indiscrètes
Qui s’échouent dans son regard froid
Elle fait comme si rien n’était grave
En portant le monde en épave
Avec son sourire en fossette
Mais je sais que son cœur est lourd
Sous les cris du compte à rebours
Qui lui rappelle que tout s’arrête

Nous parlons un peu tous les deux
Et nous savons qu’on n’y peut rien
Personne ne sait si c’est un jeu
Auquel on peut perdre à la fin

Laurène ne dort plus la nuit
De peur que les bandits
Lui volent ses désirs
Et moi je veille sur elle
Éphémère sentinelle
De ses insomnies

Elle traîne comme une devinette
Jouant de sa chevelure secrète
Pour disparaître inaperçue
Elle se donne aux lumière des fêtes
Pour éviter les marionnettes
Qui lui reprochent d’être déçue
Elle voudrait la révolution
Sortir un peu de sa prison
Là où les étoiles s’entêtent
Mais puisqu’ici tout tourne en rond
Elle se perd dans les environs
En se rappelant que tout s’arrête

Nous parlons un peu tous les deux
Et nous savons qu’on n’y peut rien
Personne ne sait si c’est un jeu
Auquel on peut perdre à la fin

Laurène ne dort plus la nuit
De peur que les bandits
Lui volent ses désirs
Et moi je veille sur elle
Éphémère sentinelle
De ses insomnies

La Guerre c’est la Paix

Ça monte, ça descend, ça ne s’arrête pas
L’air est affolé, il fuit quelque part
La liberté est une putain futile
Disent-ils, disent-ils, disent-ils, disent-ils, disent-ils
Dis, tu les crois toi ? on ne croit plus rien
Que les fils que vient couper le destin
Dans la poigne lâche tendue par un couard
Aux tendres, aux tendres, aux tendres des poignards
Tu me prends, tu me piques, tu m’asphyxies
On se joue, on se roue, on s’émancipe
L’air est froid, il rampe et nous tient et puis
Ce bruit, ce bruit, ce bruit

Comme une odeur de drogue dans tes yeux de laine
Un poison violent qui rampe dans nos veines
On se drague, on se drame, on se crame
Et la nuit met les voiles
La guerre c’est la paix

Et ça s’en revient et ça s’en repart
L’air est énervé, veut notre départ
Partiras-tu sans jamais faire de vœux ?
Fais-le, fais-le, fais-le, fais-le
Fais-le je n’ai pas peur de mourir
Il faut toujours être deux pour partir
Tu reviens, tu re-rentres et tu ressors
Encore, encore, encore

Comme une odeur de drogue dans tes yeux de laine
Un poison violent qui rampe dans nos veines
On se drague, on se drame, on se crame
Et la nuit met les voiles
La guerre c’est la paix

Ta jupe d’étoiles se tourne et se retourne
Se prépare avec nous le repas des vautours
Viande enracinée dans la foi des mouvants
Je crois en toi comme prierait un mourant
Nous avons vu le jour dans un voile sordide
Nous avons cru la nuit pour échapper au vide
Nous aurions traversé le temps si la chance
Nous avait portée contre nos espérances
La guerre c’est la paix